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Regain de tensions au Kosovo, l'armée serbe en alerte renforcée
information fournie par Reuters 27/12/2022 à 17:45
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Tensions remain high as roads in northern Kosovo still blocked

Tensions remain high as roads in northern Kosovo still blocked

MITROVICA, Kosovo (Reuters) -Le ministre de l'Intérieur kosovar, Xhelal Sveçla, a accusé mardi la Serbie de chercher à déstabiliser le Kosovo avec l'appui de la Russie en encourageant le mouvement de contestation de la minorité serbe du Nord.

Des Serbes de Mitrovica ont érigé de nouvelles barricades mardi matin, alors que les tensions persistantes qui les opposent aux autorités kosovares ont incité la Serbie voisine à placer l'armée et la police en état d'alerte renforcée. [nL8N33H1Z5]

"C'est précisément la Serbie, sous l'influence de la Russie, qui a décrété l'état d'alerte militaire et ordonne l'érection de nouvelles barricades, pour conforter et protéger les groupes criminels qui terrorisent (...) les citoyens de l'ethnie serbe vivant au Kosovo", a déclaré Xhelal Sveçla dans un communiqué.

Le président serbe, Aleksandar Vučić, a souligné mardi que son pays "continuera[it] à se battre pour la paix et à rechercher des solutions de compromis".

Mardi matin, des camions bloquaient la route reliant la partie nord de Mitrovica - à majorité serbe - à la partie méridionale de la ville - à majorité albanaise.

Le gouvernement kosovar a appelé lundi dans un communiqué à restaurer la liberté de circulation et a prévenu qu'il ne pouvait pas discuter "avec des bandes criminelles".

Les autorités kosovares ont ajouté que la police se tenait prête à agir pour démanteler les barricades mais précisé qu'elles attendaient d'abord la réponse de la Kfor, la mission de l'Otan au Kosovo, sollicitée pour lever ces blocages.

Depuis le 10 décembre, les Serbes du nord du Kosovo, qu'ils considèrent comme faisant partie intégrante de la Serbie et qui sont soutenus par Belgrade, ont mis en place de nombreuses barricades à Mitrovica et dans ses alentours, notamment pour réclamer la libération d'un ancien policier serbe accusé d'avoir agressé des policiers en service lors de précédentes manifestations.

ETAT D'ALERTE

Ces blocages ont été à l'origine d'affrontements ponctuels avec la police kosovare et, face à ces tensions récurrentes au Kosovo, le président serbe Aleksandar a placé lundi soir l'armée et la police serbes en état d'alerte renforcée.

"Il n'y a pas de raison de paniquer, mais il y a des raisons de s'inquiéter", a déclaré le ministre de la Défense serbe tard lundi soir à la télévision serbe RTS.

Les tensions entre Belgrade et Pristina ont connu un nouveau pic lundi lorsque le patriarche de l'Eglise orthodoxe serbe, Porphyre, s'est vu refuser le droit d'entrer sur le territoire du Kosovo, où se trouve le monastère de Peć, siège de l'Eglise orthodoxe de Serbie, où ont notamment lieu les couronnements des patriarches.

Les frictions des dernières semaines entre les deux communautés sont nées de la volonté des autorités de Pristina d'exiger le retrait des plaques d'immatriculation serbes datant d'avant la guerre du Kosovo de 1998-1999, qui a conduit à l'indépendance.

Des centaines d'officiers de police, de juges, de procureurs et d'autres fonctionnaires ainsi que des maires de la minorité serbe ont démissionné début novembre en signe de protestation contre l'entrée en vigueur de cette obligation.

La Serbie a perdu le contrôle du Kosovo en 1999 après 11 semaines de frappes aériennes de l'Otan visant à mettre un terme au massacre et à l'expulsion des Albanais.

L'ancienne province sécessionniste à majorité albanaise, qui abrite une minorité serbe d'environ 50.000 personnes dans le nord, a déclaré son indépendance en février 2008.

Pristina et Belgrade sont en pourparlers à Bruxelles pour tenter de normaliser leurs relations, ce qui a déjà fait l'objet d'un plan de l'Union européenne (UE).

(Reportage Fatos Bytyci et Ivana Sekularac ; version française Myriam Rivet et Sophie Louet, édité par Nicolas Delame)

7 commentaires

  • 27 décembre 21:49

    Mettre poutine à toutes les sauces ne rime à rien. Les usa manipulent leurs "alliés" tout comme leurs ennemis. Si les accords de Minsk 1 et 2 négocié avec Hollande avaient été respectés par les ukrainiens, on en serait pas là....


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